Pour compléter mes recherches, il est ici question du format 35 mm qui est la pellicule la plus utilisée du cinéma argentique.
Considérée comme le format standard, elle mesure 35 millimètres de largeur et est dotée sur ses bords de perforations rectangulaires pour assurer son entraînement par les divers mécanismes de prise de vues et de projection
Développé initialement pour le cinéma, ce format de pellicule a été par la suite adopté par la photographie argentique sous l’appellation petit format, dans un conditionnement pratique, la cartouche 135
En photographie, la taille de l'image est de 24 × 36 mm: pour différentes raisons (notamment l'usage des optiques développées pour le 24 × 36) la photographie numérique a conservé ce format pour les capteurs des appareils reflex de haut de gamme.
En 1888, l’Américain John Carbutt invente le support souple et transparent en nitrate de cellulose que l’industriel américain George Eastman: le futur créateur de Kodak, met sur le marché en 1889, sous la forme d’un ruban de 70 mm de large, une invention qui va mettre fin aux balbutiements du précinéma: l’industriel et inventeur américain Thomas Edison l’adopte à la place des rubans de papier (non transparents) pour mettre au point avec son ingénieur électricien, le franco-britannique William Kennedy Laurie Dickson, un appareil capable d’enregistrer sur un ruban linéaire une succession de clichés à très grande cadence de défilement: le Kinétographe (écriture du mouvement) caméra de l’Américain Thomas Edison, brevetée le 24 août 1891, employant du film perforé 35 mm et un système d’avance intermittente de la pellicule par roue à rochet.
La version initiale de la première caméra de cinéma fonctionne avec le ruban Eastman découpé en 19 mm de large, doté sur un seul bord d’une rangée de 6 perforations rectangulaires, au défilement horizontal.
Les photogrammes sont circulaires, comme les vignettes des jouets optiques d'un diamètre d'environ 12 mm.
Les résultats sont encourageants mais manquent de définition, surtout dans les cadrages qui montrent des personnages en pied.
Aussi, Dickson décide-t-il de couper le ruban Eastman de 70 mm par le milieu en deux rubans identiques de 35 mm de large.
D’abord muni d’une seule rangée de perforations, le nouveau support à défilement cette fois vertical, reçoit pour parfaire sa fixité une seconde rangée de perforations, comportant dorénavant 8 perforations pour chaque photogramme aux dimensions plus larges que hautes.
Edison fit accomplir au cinéma une étape décisive, en créant le film moderne de 35 mm, à quatre paires de perforations par image.
Edison protège le Kinétographe et le dessin des rangées de perforations par des brevets internationaux.
C’est pourquoi des industriels avisés comme les frères Lumière préfèrent en 1895 adopter un autre format, maison, le 35 mm à une seule perforation ronde de chaque côté du photogramme.
Léon Gaumont, arrivé plus tard dans la course, choisit le 58 mm sans perforations (entraînement par pinces intermittentes) mis au point par Georges Demenÿ
Ces deux formats, moins aboutis que le film Edison, sont abandonnés en 1906, quand le film à perforations Edison est adopté comme format standard international.En 1927, la mise au point de l’enregistrement argentique du son directement sur une pellicule 35 mm et de sa reproduction en piste sonore optique à côté des photogrammes, entre l’image et l’une des rangées de perforations, modifie le standard.
Le standard exact mesure en largeur 1,377 pouces, tel que défini dans les années 1910 par la SMPTE, soit 34,975 mm.
La largeur des photogrammes a varié au fil des inventions complémentaires.
Celle du cinéma muet était fixée à 24 mm, la hauteur de 18 mm donnant le rapport harmonieux de 1,33, proche du nombre d’or au ratio de 1,62.
La hauteur des images, ajoutée à celle de la barre noire d’obturation, donnait une hauteur totale de 19 mm, c’est-à-dire très exactement 16 images par pied, soit environ 52 images par mètre, exactement 27 mètres par minute de vitesse moyenne (1,62 km/h, mais avec une vitesse instantanée au niveau du faisceau de lumière dans le couloir de prise de vues ou de projection, de 8,6 km/h compte tenu que le défilement est saccadé, l’escamotage étant ultrarapide pour privilégier l’arrêt devant la fenêtre de prises de vues ou de projection)
En 1906, l'acceptation précoce du 35 mm comme format standard eut un impact énorme sur le développement et la propagation du cinéma.
Il permit de montrer les films dans n'importe quel pays du monde.
Il fournit un format uniforme, fiable et prévisible pour la production, la distribution et l'exploitation des films, favorisant la propagation rapide et l'acceptation du cinéma comme un instrument mondial de divertissement et de communication.
Une grande diversité de standards de largeur, en général brevetés, a été utilisée pour les nombreux systèmes de prise de vues et de projection, professionnels ou amateurs, inventés indépendamment à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle, du 8 mm au 100 mm.
Mais le format 35 mm s'est avéré très adaptable à diverses technologies. En un peu plus d'un siècle, on a pu rendre le support ininflammable (en triacétate de cellulose) introduire une piste ou deux pistes sonores optiques, changer la composition de son émulsion pour capter la couleur, adopter un grand nombre de formats de projection larges, incorporer du son numérique dans presque tous les espaces non occupés par l'image.
Depuis le début du xxie siècle, Eastman Kodak et Fujifilm se partagent le marché de la fabrication de la pellicule de cinéma.
Le format 35 mm est aujourd’hui menacé par la généralisation de supports numériques, mais il est toujours d’actualité dans les pays où la dématérialisation du support rencontre des difficultés financières, voire des impossibilités.
Et il bénéficie d’une confiance qui fait qu’en France le dépôt légal des films se fait en argentique.
De plus, il est réputé plus durable et plus résistant que les supports numériques et constitue donc une option privilégiée pour l'archivage et la conservation des films.
En 1909, le Français Étienne Mollier conçoit un appareil de photographie petit format, le Cent-Vues, qui adopte le film perforé 35 mm pour prendre d'affilée cent vues en 18 × 24 mm.
Il le fabrique, obtient la médaille d'or du concours Lépine et le commercialise aussitôt (1910) à petite échelle et sans grand succès.
Aux États-Unis, le format 35 mm est adopté en photographie en 1913 avec le Tourist Multiple.
Cependant, le petit format ne deviendra populaire qu’avec le Leica, créé par Oskar Barnack en 1925 et utilisant le film 35 mm en 24 × 36 mm.
C’est en 1983 que Michael Jackson avait demandé au réalisateur de concevoir un court-métrage pour sa chanson Thriller écrite par Rod Temperton et arrangée par Quincy Jones, le producteur de l’album.
Sur un scénario co-écrit par Jackson et Landis, le clip de 14 minutes jugé révolutionnaire, truffé de codes des films d’épouvante, tourné à Los Angeles en 35 mm avec un budget faramineux, fut récompensé par deux Grammy Award.
Au moment où Michael Jackson entamait sa transformation physique dans la vraie vie, le clip dans lequel il devient un monstre, était une sorte d’allégorie.
On se souvient que le chanteur, très proche des témoins de Jéhovah, a bien failli faire détruire les bandes du tournage jugé scandaleux par la congrégation.
Inspiré par Werewolf, le film budgété à 70 millions de livres.
Landis avait travaillé avec Jackson sur le clip de Thriller, justement inspiré du Loup-garou de Londres
Rêve de monstre:
Fan inconditionnel du Loup-garou de Londres de John Landis, Michael Jackson souhaitait simplement devenir un monstre, selon le réalisateur.
C'est ainsi que ce rêve de star a donné naissance au clip le plus célèbre de l'histoire.
Thriller a révolutionné le monde de la musique, en faisant entrer le clip vidéo dans l'ère moderne et en participant à l'essor de MTV.
Pourtant, le film est presque un accident dans la mesure où la maison de disques de Michael Jackson ne voyait pas l'utilité de produire un clip pour un album déjà estampillé plus gros succès de l'histoire du disque.
John Landis et le chanteur produiront eux-mêmes la vidéo, le cinéaste souhaitant en faire un véritable court métrage à diffuser en avant-programme dans les cinémas.
A sa sortie, c'est un raz-de-marée: la VHS se vend à 9 millions d'exemplaires, le clip passe en boucle sur toutes les télévision et l'album triple ses ventes.
Depuis, l'université de Harvard prodigue un cours sur le business autour de ce clip.
Et a été inscrit au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès.
Les maquillages de Thriller sont signés Rick Baker, génie des effets spéciaux déjà à l'oeuvre sur Le Loup-garou de Londres de John Landis
Rick Bakers'offre d'ailleurs une apparition clin d'oeil dans le film, en zombie émergeant d'une tombe.
Le cinéma visible au début de Thriller n'est autre que le Palace Theatre de Los Angeles où John Landis avait tourné The Kentucky Fried Movie (1977)
Le cinéaste y a également glissé un poster de son film Schlock (1973)
Légende du cinéma fantastique, Vincent Price participe à la chanson Thriller (il assure la partie parlée du morceau, ainsi que le rire final)
Dans le clip, on peut apercevoir, en guise de clin d'oeil, une affiche de son film L'Homme au masque de cire (House of Wax)
Ola Ray, l'héroïne de Thriller, était apparue dénudée dans les pages de Playboy au début des années 80.
Un magazine dont Michael Jackson ne connaissait pas l'existence.
Même si l'information n'a jamais été confirmée, il semblerait que Janet Jackson campe l'un des zombies de la chorégraphie au centre de Thriller.
Dans le cadre de sa tournée: This is it (évoquée dans le documentaire posthume Michael Jackson’s This Is It) Michael Jackson comptait proposer une nouvelle version de Thriller, agrémentée de nouvelles séquences 3D.
Quelques images du tournage et du résultat final sont d'ailleurs dévoilées dans le film de Kenny Ortega.
Le réalisateur est parvenu grâce à la technologie à remixer le son, et surtout à rendre l'ancien enregistrement compatible avec la 3D.
Quand vous regardez (le clip) sur YouTube, vous ne le voyez pas comme il devrait apparaître.
Maintenant, oui, vous le voyez tel que Michael et moi voulions qu'il soit vu, a-t-il assuré.
Le film, qui met en scène la transformation en loup-garou du roi de la pop Michael Jackson, alors au sommet de son art, est accompagné d'un “making of” réalisé en 1983 mais jamais diffusé au cinéma.
Les chorégraphies sont de Michael Peters et Michael Jackson. Cette danse est appelée Thriller Dance
Hurlant à la lune, le lycanthrope cherche sa proie. Il la poursuit jusqu'à ce qu'il se retrouve au-devant d'elle, il la bouscule et, allongée au sol, la demoiselle terrorisée regarde la bête se rapprocher d'elle, griffes et dents dehors, savourant sa victoire.
Alors que la mise à mort de la jeune fille semble acquise, nous n'y assistons pas: on découvre une salle de cinéma remplie de spectateurs, en train de regarder un film d'horreur (retour aux années 1980)
Les premières minutes du clip n'étaient donc qu'une mise en abyme, une sorte de film à l'intérieur du clip.
Il s'agit de l'entrée du cinéma, sur lequel sont inscrits le nom de l'acteur principal du film et le titre du film, éponyme de celui de la chanson: Vincent Price et Thriller.
Michael rejoint sa petite amie et entame une discussion avec elle.
Ils marchent ensemble, sous un éclairage diffus et brumeux.
Le couple marche jusqu'aux abords d'un cimetière sans s'en rendre compte.
Des cadavres sortent de leurs tombes ou de leurs caveaux à l'insu du couple qui marche dans la rue en longeant le mur d'enceinte, sans les apercevoir.
Une voix off, celle de Vincent Price, se fait entendre lors de la sortie des morts-vivants de leurs sépultures, puis seule la mélodie les accompagnent dans leurs déambulations à travers le cimetière pour rejoindre les vivants.
Le chanteur avait contacté John Landis après avoir vu son film “An American Werewolf in London”, en lui expliquant qu'il souhaitait lui aussi vivre cette transformation d'homme en loup marchant à quatre pattes.
Nous avons réalisé que ça ne marcherait pas comme Michael devait danser, il était évidemment beaucoup plus facile d'avoir un monstre à deux pattes plutôt qu'à quatre, a expliqué le réalisateur.
Et, effectivement, le loup-garou de Thriller ressemble davantage à celui du film “I Was a Teenage Werewolf” tourné par Gene Fowler Jr en 1957.

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